Un compteur en ligne pour suivre la transposition de la directive sur la protection des lanceurs d’alerte dans toute l’Europe

« Le moment est venu pour tous les gouvernements européens de protéger les lanceurs d’alerte ! »

C’est avec cet appel que le WIN (Whistleblowing International Network) dont la Maison des Lanceurs d’Alerte est membre, lance, mardi 23 juin 2020 son EU Whistleblowing Meter : un compteur en ligne permettant de suivre les progrès de la transposition de la directive européenne sur la protection des lanceurs d’alerte dans chaque pays de l’Union Européenne.

En avril 2019, le Parlement européen a en effet adopté une directive qui a changé la donne en matière de protection des lanceurs d’alerte dans toute l’Europe. Une fois approuvée par le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen, cette nouvelle loi est entrée en vigueur le 16 décembre 2019. Les vingt-sept pays de l’Union Européenne ont à présent jusqu’à fin 2021 pour transposer ces dispositions ambitieuses dans leurs propres systèmes juridiques et institutionnels. C’est là que le bât blesse. Maintenant, le véritable engagement des gouvernements à protéger ceux qui prennent la parole dans l’intérêt public en Europe va être mis à l’épreuve !

Aujourd’hui, le 23 juin, Journée mondiale de l’alerte, le Whistleblowing International Network (WIN) lance, aux côtés de ses nombreux partenaires et collègues dans toute l’Europe, le EU Whistleblowing Meter : un compteur permettant de suivre les progrès de la transposition de cette directive dans chaque pays. Il s’agit d’une occasion unique pour les nations européennes de renforcer leurs fondements démocratiques et de mettre en œuvre, dans toute l’Europe, des droits à l’alerte véritablement progressistes, cohérents et homogènes qui servent les intérêts de tous.

La société civile européenne a depuis longtemps compris que l’alerte consiste à s’assurer que les bonnes informations arrivent au bon endroit afin que des mesures puissent être prises et qu’une surveillance adéquate s’ensuive. Au cours des 18 prochains mois, le WIN travaillera avec une équipe d’éditeurs-pays, volontaires pour documenter les progrès de la transposition au niveau national afin d’aider chacun à déterminer si les gouvernements de l’UE respectent leurs obligations en matière de protection des lanceurs d’alerte. Nous saurons ainsi si les pays agissent de bonne foi et consultent largement et ouvertement afin d’élaborer et d’adopter des mesures juridiques et institutionnelles complètes de protection des lanceurs d’alerte qui renforcent la bonne gouvernance, obligent les décideurs à rendre des comptes et permettent un engagement civique significatif.

Pour Anna Myers, directrice exécutive de WIN, « la protection des lanceurs d’alerte n’est efficace que lorsque la société civile est pleinement engagée, en tenant les autorités responsables de leurs actions. Le EU Whistleblowing Meter est un moyen simple et efficace de contrôler la transposition. Nous avons besoin que les gouvernements fassent les choses correctement, surtout maintenant, car la crise du COVID-19 renforce l’importance cruciale de la libre circulation de l’information pour nous aider à assurer notre sécurité et celle de nos communautés, et à préparer un avenir différent ».

L’alerte sauve des vies. Des personnes dénoncent, partout en Europe et dans le monde, le manque d’équipements et de systèmes de protection pour préserver la santé des travailleurs en première ligne dans les secteurs des soins médicaux et sociaux, des transports, de l’approvisionnement alimentaire et des infrastructures essentielles, et elles obligent les gouvernements à réagir.

« La protection des lanceurs d’alerte est une question qui concerne le lieu de travail », déclare Martin Jefflén, président d’Eurocadres, l’organisation syndicale européenne des professionnels et des cadres, et organisateur de la coalition WhistleblowerProtection.eu. « La directive européenne visant à protéger les lanceurs d’alerte a constitué un grand pas en avant pour l’Europe et nous devons maintenant la faire fonctionner sur le terrain. (…) Il s’agit d’une question de bien-être social et économique. »

Nick Aiossa, directeur adjoint et responsable de l’intégrité politique chez Transparency International UE, le rejoint : « Nous avons 18 mois pour faire en sorte que les protections juridiques fondamentales pour les lanceurs d’alerte, pour lesquelles nous avons travaillé si dur au niveau européen, fonctionnent réellement en pratique au niveau national. Ce sont pendant ces mêmes mois que l’Europe assouplira les restrictions liées au COVID-19. De plus en plus de lanceurs d’alerte nous informeront sur les faiblesses existantes de nos systèmes et comment ils ont été corrompus pour détourner les fonds publics de ceux qui en avaient le plus besoin. Le EU Whistleblowing Meter nous aidera à exiger le changement dont nous avons besoin dans toute l’Europe pour garantir la protection des lanceurs d’alerte qui, eux, nous aident à protéger l’intérêt public ».

 

Accéder au EU Whistleblowing Meter