La Communauté urbaine du Havre a démarré une procédure d’appel du rejet de son recours contre la reconnaissance de Cornelia Findeisen comme lanceuse d’alerte par le Défenseur des droits. Une décision qui prolonge une bataille judiciaire coûteuse, alors que Cornelia Findeisen a déjà engagé près de 60 000 euros de frais d’avocat à ses propres frais. La Maison des Lanceurs d’Alerte dénonce une asymétrie des moyens préoccupante et interroge l’utilisation de l’argent public dans une procédure susceptible de s’apparenter à une procédure-bâillon.
Début 2022, Cornélia Findeisen a signalé de possibles irrégularités dans la gestion de la Cité numérique du Havre, particulièrement des soupçons de détournement de fonds publics, de favoritisme et de prise illégale d’intérêts. Ses signalements mettent notamment en cause Édouard Philippe, alors maire du Havre et président de la communauté urbaine, et l’une de ses adjointes. Nouvel élément au dossier, l’association Anticor s’est constituée partie civile, le 20 octobre 2026, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en mai pour « détournement de fonds publics », « favoritisme » et « harcèlement moral » par le Parquet national financier (PNF). Quelques jours plus tard, le 29 octobre, Edouard Philippe a été placé sous le statut de témoin assisté, marquant une nouvelle étape dans l’examen judiciaire des soupçons qui le concernent.
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Début 2025, le Défenseur des droits reconnaît Cornelia Findeisen comme lanceuse d’alerte. La Communauté urbaine du Havre engage alors un recours devant le tribunal administratif de Paris pour contester cette reconnaissance : procédure doublement étonnante, l’avis du Défenseur des droits ne se prononçant pas sur l’implication de la collectivité en tant que personne morale, mais seulement sur celles d’Édouard Philippe et de son adjointe.
En juillet 2026, le tribunal administratif de Paris rejette finalement ce recours. Il considère que la certification délivrée par le Défenseur des droits ne peut pas être contestée devant les juridictions, car elle ne produit pas, en elle-même, d’effets juridiques contraignants. Autrement dit, cette certification constitue un avis motivé, fondé sur l’examen de la situation de la personne qui signale des faits, mais elle ne vaut ni décision de justice ni reconnaissance judiciaire de la réalité des faits dénoncés. Cette décision s’inscrit dans la continuité de la jurisprudence du Conseil d’État, selon laquelle les avis du Défenseur des droits ne constituent pas des actes susceptibles de recours.
Notre communiqué du 21 juillet 2026
La Maison des Lanceurs d’Alerte s’était réjouie de cette décision dans un communiqué publié le 21 juillet 2026. Or, nous venons d’apprendre que la Communauté urbaine du Havre a décidé de démarrer une procédure d’appel de cette décision.
La Maison des Lanceurs d’Alerte appelle la Communauté urbaine du Havre à renoncer à une procédure dont l’intérêt pour la collectivité interroge. L’argent public doit servir l’intérêt général, et non contribuer à fragiliser celles et ceux qui cherchent à le défendre.

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